Grands départs tour de france femme

La montée en puissance du Tour de France Femmes marque bien plus qu’un simple retour à la compétition : elle incarne une avancée concrète vers une meilleure reconnaissance du sport féminin dans l’espace public. En empruntant des routes mythiques et en investissant des lieux emblématiques, longtemps réservés à l’épreuve masculine, la course affirme avec force la légitimité des femmes dans l’histoire du cyclisme. Cette visibilité nouvelle contribue à déconstruire les inégalités persistantes, en offrant des modèles inspirants et en ancrant durablement le sport féminin dans les territoires. Le Tour de France Femmes devient ainsi un levier d’émancipation, mais aussi un outil puissant de transformation des représentations, où performance sportive et affirmation sociale se rejoignent.

1955 - 1989 1955 : Premiers Tour de France Féminin



1955 - Rambouillet



Le premier Tour de France féminin 1955 est organisé en 1955, soit plus de cinquante ans après la création du Tour masculin. À l’initiative du journaliste Jean Leulliot, cette édition reste modeste : cinq étapes, dont un contre-la-montre, et une quarantaine de participantes au départ.


Les images de la course sont très rares, et les quelques archives disponibles témoignent surtout du regard porté à l’époque sur le sport féminin. Les commentaires, souvent condescendants voire ouvertement misogynes, montrent à quel point cette compétition peinait à être prise au sérieux, jusque dans les termes utilisés pour désigner les coureuses.


La Britannique Millie Robinson remporte cette première édition.


Malgré l’élan initial, la course ne sera pas reconduite, illustrant les difficultés structurelles auxquelles le cyclisme féminin a longtemps été confronté.


1984 : Deuxième édition


En 1984, le cyclisme féminin fait son retour sur la scène du Tour avec une nouvelle édition du Tour de France féminin 1984, relancée sous l’impulsion de Félix Lévitan. Après des décennies d’absence, les femmes sont de nouveau au départ, cette fois dans le cadre officiel de la Société du Tour de France.


La course se déroule en parallèle de l’épreuve masculine, sur la même période, mais avec un format allégé : moins d’étapes, des distances plus courtes. Malgré ces différences, elle bénéficie d’une exposition inédite en s’inscrivant dans la dynamique du Tour, ce qui lui offre une visibilité qu’elle n’avait jamais vraiment eue jusque-là.


Au départ, 36 coureuses réparties en six équipes. Et surtout, un symbole fort : une arrivée prévue, comme pour les hommes, sur les Champs-Élysées.

Marilyn Wells (8e) et Jacqueline Shaw (29e), de l'équipe canadienne. Une édition remportée par l'Américaine Marianne Martin,

1985 - Lanester


En 1985, le Tour de France féminin se déroule du 29 juin au 22 juillet sur dix-sept étapes et un prologue, suivant en grande partie le parcours du Tour masculin.


Le départ est donné à Lanester avec un prologue de 2,7 kilomètres remporté par la Néerlandaise Hennie Top. La course traverse ensuite l’ouest, l’est et le sud de la France avant une arrivée finale sur les Champs-Élysées. Parmi les étapes marquantes figurent les arrivées en montagne à Morzine-Avoriaz, Lans-en-Vercors et Luz Ardiden, ainsi que deux contre-la-montre individuels disputés à Reims et Saint-Nizier-du-Moucherotte.


Cette édition est marquée par le duel entre Jeannie Longo et Maria Canins. Longo remporte cinq étapes, notamment entre Guer et Vitré, ainsi qu’à Strasbourg et Limoges. Maria Canins s’impose quant à elle dans les deux contre-la-montre individuels ainsi que dans plusieurs étapes de montagne, dont celles menant à Morzine-Avoriaz et Luz Ardiden.

1986 - Granville


En 1986, le Tour de France féminin se déroule du 9 au 27 juillet avec un départ donné à Granville et une arrivée finale sur les Champs-Élysées. La course comprend quinze étapes et un prologue de 2,2 kilomètres remporté par Maria Canins.


Le parcours traverse La France avec plusieurs passages en montagne, notamment dans les Pyrénées entre Sainte-Marie-de-Campan et Luchon, puis dans les Alpes avec une arrivée à Serre Chevalier. Plusieurs contre-la-montre individuels sont également disputés à Pau, Gap et Nevers.


Cette édition est largement dominée par Maria Canins, victorieuse du prologue ainsi que de cinq étapes, dont celles menant à Luchon, Serre Chevalier et Le Puy de Dôme. Jeannie Longo remporte quant à elle quatre étapes, dont les contre-la-montre de Gap et l’arrivée finale à Paris. Parmi les autres vainqueures figurent Virginie Lafargue, Betsy King, Connie Meijer et Inga Thompson, victorieuse de deux contre-la-montre individuels.


















L'Italienne Maria Canins gagne en 1986 le 3e Tour de France féminin, devant la Française Jeannie Longo (2e) et la Maillot à Pois Américaine Inga Thompson (3e).

1987 - Sablé-sur-Sarthe


En 1987, le Tour de France féminin se déroule du 8 au 26 juillet avec un départ à Sablé-sur-Sarthe et une arrivée finale sur les Champs-Élysées. L’épreuve comprend quinze étapes ainsi qu’un prologue de 2,9 kilomètres remporté par Jeannie Longo.


Le parcours passe par Luz Ardiden, La Plagne et Morzine. Et une étape contre-la-montre est également disputée entre Corrençon-en-Vercors et Saint-Nizier-du-Moucherotte.



Parmi les principales vainqueures d’étapes figurent Jeannie Longo, victorieuse du prologue ainsi que des étapes de Luz Ardiden, La Plagne et Morzine.


Maria Canins, qui s’impose dans les étapes alpines vers Saint-Nizier-du-Moucherotte et Villard-de-Lans.


Les Néerlandaises Monique Knol et Mieke Havik remportent également plusieurs étapes, tandis que les Soviétiques Tamara Poliakova et Alla Yakovleva s’illustrent en fin de course. D’autres succès reviennent à Viola Paulitz, Roberta Bonanomi et Jutta Niehaus.


1988 - Strasbourg


Le Tour de France féminin de 1988 se déroule du 10 au 24 juillet entre Strasbourg et Paris.


Après un prologue disputé dans les rues de Strasbourg, remporté par Monique Knol, le peloton traverse les Alpes, les Pyrénées puis le centre de la France avant une arrivée finale sur les Champs-Élysées. Le parcours comprend notamment des étapes vers Morzine, Albertville, Sainte-Marie-de-Campan et le Puy de Dôme, ainsi qu’un contre-la-montre individuel organisé à Blagnac.


Cette édition est marquée par les performances de Jeannie Longo, auteure de cinq victoires d’étapes, dont celles de Morzine, Albertville et du contre-la-montre de Blagnac.


Maria Canins remporte quant à elle les étapes de Strasbourg et du Puy de Dôme. Plusieurs Françaises s’illustrent également au cours de la course, avec des succès pour Cécile Odin, Valérie Simonnet et Virginie Lafargue lors de l’ultime étape parisienne.

 Jeannie Longo, accompagnée du cycliste irlandais Stephen Roche.

 Photo : Getty - NUTAN/Gamma-Rapho via Getty Image

1989 - Blagnac


L’édition 1989 du Tour de France féminin se tient du 11 au 23 juillet. Le départ est donné à Blagnac avec un prologue de 2 kilomètres remporté par Jutta Niehaus, avant un parcours qui mène les coureuses des routes du sud de la France jusqu’à l’arrivée finale sur les Champs-Élysées. La course passe notamment par Montpellier, Marseille, Gap et les Alpes avec des étapes vers Les Orres, le Col d'Izoard ou encore Villard-de-Lans.


Jeannie Longo s’impose dans le contre-la-montre entre Embrun et Les Orres puis enchaîne quatre victoires consécutives dans les étapes alpines. De son côté, la Néerlandaise Monique Knol remporte les deux premières étapes ainsi que la dernière arrivée à Paris. Les Américaines Bunki Bankaitis-Davis et Katrin Tobin inscrivent également leur nom au palmarès de cette édition.

1992 - 1998 : Tour Cyclisme Féminin


Créé par Jeannie Longo et Pierre Boué.


1992 - Vlissingen


Du 1er au 11 septembre 1993, l’épreuve s’élance de Vlissingen, aux Pays-Bas, avec un prologue de 4,9 km remporté par la Canadienne Clara Hughes. Cette édition traverse ensuite la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique puis la France, avant de s’achever à Cambrai.


Leontien Van Moorsel marque particulièrement la course en remportant trois étapes, dont celles de Prüm et Houffalize, tandis que Laura Charameda s’impose à deux reprises, à Tilburg puis lors de la dernière étape à Cambrai.

Michela Fanini, Svetlana Boubnenkova, Heidi Van De Vijver, Elsbeth Vink et Hanne Malmberg figurent également parmi les vainqueures d’étape de cette édition.


Leontien Van Moorsel marque particulièrement la course en remportant trois étapes, dont celles de Prüm et Houffalize, tandis que Laura Charameda s’impose à deux reprises, à Tilburg puis lors de la dernière étape à Cambrai.


Michela Fanini, Svetlana Boubnenkova, Heidi Van De Vijver, Elsbeth Vink et Hanne Malmberg figurent également parmi les vainqueures d’étape de cette édition.



Le Tour de France féminin 1992 a vu la victoire de Leontien Van Moorsel (au centre) devant Jeannie Longo (à droite) et Heidi Van de Vijver (à gauche).

1993 - Bagnoles-de-l'Orne


Du 25 juillet au 7 août 1993, le Tour de France féminin débute à Paris avec un prologue de 3,3 km remporté par la Française Jeannie Longo.


Le parcours traverse l’ouest et le sud de la France avant une arrivée en haute montagne à l’Alpe d’Huez, après treize jours de course marqués par plusieurs étapes pyrénéennes et alpestres.


Cette édition est largement dominée par la Néerlandaise Leontien Van Moorsel, victorieuse de cinq étapes, dont les arrivées à Niort, La Réole, Luz Ardiden, Bagnères-de-Bigorre et l’ultime étape vers l’Alpe d’Huez. La Néerlandaise Monique Knol s’impose quant à elle à deux reprises lors des premières étapes en ligne.


Parmi les autres vainqueures d’étape figurent la Norvégienne Ingaun Bollerud, la Française Catherine Marsal, l’Italienne Michela Fanini, la Britannique Marie Purvis ainsi qu’Elsbeth Vink. La Française Marion Clignet remporte le contre-la-montre individuel d’Alès, tandis que l’équipe de Russie s’impose lors du contre-la-montre par équipes au Mans.


Le 27 juillet 1993, la première étape en ligne reliait Bagnoles-de-l’Orne au Mans sur un parcours de 102,8 km traversant directement la Sarthe. La victoire d’étape revient à la Belge Heidi Van de Vijver, devant la Néerlandaise Leontien Van Moorsel.


 Cette édition du Tour compte donc un prologue ainsi que douze étapes réparties sur treize jours de course, pour un total d’environ 1 125 kilomètres, avant une arrivée finale au sommet de l’Alpe d’Huez.



1994 - Groix



Du 24 juillet au 6 août 1994, le Tour de France féminin s’élance de l’île de Groix, en Bretagne, avec un prologue de 5,4 km remporté par la Canadienne Clara Hughes.


Cette édition, composée de 15 étapes et remportée au classement général par la Russe Valentina Polkhanova, traverse ensuite l’ouest et le sud de la France avant de rejoindre les Pyrénées puis les Alpes, avec une arrivée finale traditionnelle à l’Alpe d’Huez. Après le prologue organisé à Groix, la course s’était élancée depuis Lanester.


Cette édition est marquée par une grande diversité de vainqueures d’étape et par des conditions météorologiques difficiles, conduisant à l’annulation de la 7e étape entre Saint-Gaudens et Cugnaux en raison d’une tempête. L’Italienne Michela Fanini se distingue particulièrement en remportant trois étapes, dont l’ouverture entre Lanester et Lorient.


Les étapes de montagne mettent en lumière plusieurs coureuses internationales, notamment les Lituaniennes Jolanta et Rasa Polikeviciute, cette dernière s’imposant lors des deux dernières étapes vers Vaujany puis l’Alpe d’Huez. La Russe Valentina Polkhanova remporte également le contre-la-montre individuel disputé à Saint-Paul-Trois-Châteaux.


On retoruve également, lors de cette édition, la Française Cécile Odin, la Canadienne Ann Samplonius, la Néerlandaise Yvonne Brunen, la Chinoise Xinghong Guo, la Lituanienne Liuda Triabaite ainsi que la Russe Svetlana Samokhvalova.


1995 - Luxeuil-les-Bains

En 1995, le Tour Cycliste Féminin s’ouvre par un prologue disputé à Luxeuil-les-Bains sur une distance de 3,6 kilomètres, remporté par Jeannie Longo. Le lendemain, la première étape relie Luxeuil-les-Bains à Dole sur 140,5 kilomètres, avec la victoire de Petra Rossner. Cette édition, organisée du 29 juillet au 12 août 1995, confirme la montée en puissance du cyclisme féminin à travers une compétition longue et exigeante, inspirée des grands Tours masculins.



1996 - Pornic

L’édition 1996 du Tour Cycliste Féminin, organisée du 13 au 25 août, traverse une grande partie du territoire français, de Pornic jusqu’à Paris, avec une arrivée finale au Vélodrome Jacques Anquetil. Dès l’ouverture, l’équipe de France s’impose lors du contre-la-montre par équipes disputé à Pornic.


Cette édition est marquée par la domination de grandes figures du cyclisme féminin international : Ina-Yoko Teutenberg remporte deux étapes, tandis que Jeannie Longo s’illustre dans les contre-la-montre individuels. La montagne joue un rôle central avec des arrivées prestigieuses au Col du Tourmalet, à Valberg ou encore à Vars-les-Claux. L’Italienne Fabiana Luperini domine les étapes alpines et pyrénéennes avec trois victoires majeures, confirmant son statut de référence en montagne.


Parmi les autres vainqueures d’étapes figurent notamment Zoulfia Zabirova, Alessandra Cappellotto, Alison Dunlap, Catherine Marsal, Sigrid Corneo et Roberta Bonanomi.



1997 - Saverne

L’édition 1997 du Tour Cycliste Féminin, organisée du 13 au 24 août, propose un parcours particulièrement montagneux reliant Saverne à Valberg, en passant par les Alpes, les Pyrénées et même une incursion en Italie avec des étapes vers Susa et Sestrières.


Dès la première étape entre Saverne et Strasbourg, l’Allemande Hanka Kupfernagel s’impose avant de remporter également le contre-la-montre individuel de Montbard.


La course est dominée en montagne par Fabiana Luperini, victorieuse à Sestrières, Vaujany et Sainte-Marie-de-Campan, confirmant sa suprématie sur les grands cols.


D’autres figures internationales marquent cette édition, comme Valeria Cappellotto, double vainqueure d’étape, Roberta Bonanomi, Zoulfia Zabirova, victorieuse des contre-la-montre du Le Beausset et de Valberg, ainsi que Barbara Heeb, Deidre Demet, Lynette Nixon et Juanita Feldhahn.


1998 - 2009 : La Grande Boucle féminine internationale


Nouveau nom du Tour Cyclisme Feminin


1998 - Montluçon

En 1998, le Tour Cycliste Féminin change d’identité et devient officiellement La Grande Boucle Féminine Internationale, marquant une nouvelle étape dans le développement et l’internationalisation de l’épreuve. Organisée du 11 au 22 août, cette édition relie Montluçon à Strasbourg.


Dès la première étape vers Super-Besse, la Lituanienne Edita Pučinskaitė s’impose avant de confirmer sa domination dans les Pyrénées et lors du contre-la-montre de Salles-Curan.

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      Photo : Jean-Philippe BATTU

1999 - Pornic

En 1999, La Grande Boucle Féminine Internationale se déroule du 8 au 22 août avec un départ donné à Pornic et une arrivée finale à Paris après quatorze étapes à travers la France.


Le parcours traverse notamment les Pyrénées avec des arrivées à Laruns et Loudenvielle, avant de rejoindre les Alpes avec une étape vers Vaujany. Deux contre-la-montre individuels sont également organisés au Le Teil et à Châteaudun.


Parmi les principales vainqueures d’étapes figurent Ina-Yoko Teutenberg, victorieuse des première et troisième étapes, Diana Žiliūtė, qui s’impose à Laruns ainsi que dans les deux contre-la-montre individuels, et Valentina Polkhanova, gagnante des étapes pyrénéenne et alpine. L’Italienne Gabriella Pregnolato remporte les deux demi-étapes disputées entre Narbonne-Plage et Balaruc-les-Bains. D’autres succès reviennent à Greta Zocca, Svetlana Boubnenkova, Bogumiła Matusiak, Petra Rossner, Mirjam Melchers et Olga Slyusareva.


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            Photo : Cjp24

2000 - Milan

En 2000, La Grande Boucle Féminine Internationale se déroule du 6 au 20 août avec un départ inédit donné a Milan.


La course débute par un contre-la-montre par équipes remporté par les Pays-Bas avant une première étape reliant Voghera à Varazze. Le parcours rejoint ensuite la France pour traverser le sud du pays, les Pyrénées, le Massif central, les Alpes puis l’Est de la France, avant une arrivée finale à Paris. Parmi les étapes marquantes figurent l’ascension du Col du Tourmalet, l’arrivée à Vaujany ainsi que plusieurs contre-la-montre individuels disputés à Toulouse et Saint-Vallier.


Les victoires d’étapes sont réparties entre plusieurs grandes figures du cyclisme féminin international. Séverine Desbouys remporte deux étapes, dont celle entre Voghera et Varazze ainsi que l’arrivée à Vaujany. L’Espagnole Joane Somarriba s’impose à La Salvetat-sur-Agout puis dans le contre-la-montre individuel de Toulouse. Les Lituaniennes Edita Pučinskaitė et Rasa Polikevičiūtė remportent plusieurs étapes de montagne, tandis que Zoulfia Zabirova s’illustre dans les contre-la-montre et les étapes vallonnées. D’autres succès reviennent notamment à Mirjam Melchers, Gabriella Pregnolato, Petra Rossner, Svetlana Boubnenkova, Alessandra Cappellotto, Daniela Veronesi et Greta Zocca.

2001 - Bilbao

La Grande Boucle Féminine Internationale de 2001 se déroule du 5 au 19 août à partir de Bilbao.


Un contre-la-montre individuel dans les rues de Bilbao ouvre le bal. Il est remporté par Joane Somarriba, avant une première étape en ligne vers Gernika-Lumo remportée par Fabiana Luperini. Après ce départ espagnol, le peloton rejoint la France et traverse successivement les Pyrénées, le centre du pays puis les Alpes avant une arrivée finale à Paris.


Plusieurs coureuses marquent cette édition par leurs performances. Joane Somarriba remporte les deux contre-la-montre individuels, tandis que Fabiana Luperini s’impose à trois reprises, notamment dans les étapes de montagne vers Vaujany. La Russe Olga Slyusareva décroche également trois victoires d’étapes, dont l’arrivée finale à Paris. D’autres succès reviennent à Gabriella Pregnolato, Yvonne Brunen, Zinaida Stahurskaia, Simona Parente, Svetlana Samokhvalova et Susanne Ljungskog.

L’Italienne Fabiana Luperini remporte la 11e étape de la Grande Boucle féminine internationale 2001. Luperini, qui avait remporté l’épreuve de 1995 à 1997, termine deuxième au classement général en 2001.

Photo : AFP PHOTO JEAN-LUC LAMAERE

Fabiana Luperini gravit le col de l’Izoard lors de la 13e étape de la Grande Boucle en 2001. Elle termine deuxième du classement général.

Photo : AFP PHOTO JEAN-LUC LAMAERE

2002 - s-Hertogenbosc

La Grande Boucle Féminine Internationale 2002 débute à 's-Hertogenbosch aux Pays-Bas le 4 août et se temine le 18 à Paris. Cette édition débute par une étape en ligne remportée par Petra Rossner puis par un contre-la-montre par équipes remporté par l’équipe néerlandaise Farm Frites-Hartol. Après un passage par Bruxelles en Belgique, la course rejoint la France pour traverser l’est et le centre du pays avant l'arrivée finale.

aturn's Judith Arndt powers to 5th place in stage 14
Photo: Cyclingnews/Chris Henry

Podium final de gauche à droite : Susanne Ljungskog (Vlaanderen T Interim, 2nd), Zinaida Stahurskaia (USC Chirio, 1st) and Joane Somarriba (Deia-Pragma-Colnago, 3rd)

Photo: AFP/ Jean-Luc Lemaere

Olga Slioussareva (Itera Team) claimed both the green and red jerseys in Paris
Photo: Cyclingnews/Chris Henry

2003 - Sartène (Corse)

Du 3 au 17 août 2003, la Grande Boucle féminine internationale propose un parcours particulièrement exigeant, long de 1 304,1 km, depuis Sartène en Corse jusqu’à Paris. Après deux premières étapes insulaires entre Sartène, Ajaccio, Corte et Saint-Florent, la course rejoint les reliefs alpins avec des arrivées marquantes à Valberg, Puy-Saint-Vincent et Vaujany. Cette édition met en avant plusieurs grandes figures du cyclisme féminin international : Joane Somarriba s’impose à deux reprises, Fabiana Luperini brille en montagne, tandis que Judith Arndt remporte trois étapes, dont le contre-la-montre individuel de Flers. La course se conclut par une dernière étape entre Versailles et Paris, remportée par l’Allemande Petra Rossner.

              Photo : OUEST France, arrivée de la Grande boucle féminine le 14 août 2003 à Trélazé.

2005 - Saint Louis

 Après l’annulation de l’édition 2004 en raison de difficultés organisationnelles, la Grande Boucle féminine internationale revient dès 2005 dans un format considérablement réduit. Alors que les éditions précédentes comptaient généralement entre 10 et 15 étapes à travers plusieurs régions françaises et européennes, les dernières éditions se limitent désormais à des formats plus courts, souvent concentrés sur une seule région. L’épreuve perd également en importance au sein du calendrier international avec un classement UCI inférieur et un peloton réduit.


Organisée du 28 juin au 2 juillet, cette édition ne compte plus que cinq jours de course, contre plus de deux semaines lors des années précédentes. Le parcours traverse principalement l’est de la France, entre l’Alsace, la Bourgogne et les Alpes, avec une arrivée finale en contre-la-montre à Vaujany. Plusieurs nationalités se distinguent au fil des étapes : la Néerlandaise Debby Mansveld remporte l’ouverture, la Française Edwige Pitel s’impose à Plombières-les-Bains, tandis que la Suissesse Priska Doppmann conclut l’épreuve en remportant le contre-la-montre final.


2006 - Font-Romeu

L’édition 2006 de la Grande Boucle féminine internationale se déroule du 27 juin au 1er juillet dans le sud de la France, entre les Pyrénées, le Languedoc et la Provence. Fidèle au format réduit adopté après 2004, la course se compose de cinq journées de compétition, mêlant contre-la-montre individuel et étapes vallonnées. La Britannique Nicole Cooke se distingue particulièrement en remportant le prologue à Font-Romeu ainsi qu’une étape entre Valréas et L’Isle-sur-la-Sorgue. La Française Alexandra Le Hénaff-Rannou s’impose à Toulouges, tandis que l’épreuve se conclut aux Baux-de-Provence avec une victoire d’étape d’Élisabeth Chevanne-Brunel.

2007 - Saint-Herblain

u 20 au 24 juin 2007, la Grande Boucle féminine internationale poursuit son format condensé avec cinq jours de course à travers l’ouest et le sud-ouest de la France, avant une arrivée dans les Pyrénées entre Cauterets et Arreau. Cette édition est marquée par la domination de la Suissesse Priska Doppmann, victorieuse à trois reprises, notamment lors de l’étape finale pyrénéenne. La Britannique Nicole Cooke s’illustre quant à elle dans le contre-la-montre individuel disputé à Ambès. Entre étapes côtières, routes vallonnées et reliefs montagneux, l’épreuve conserve une grande diversité de terrains malgré son format réduit.


2008 - Gent (Belgique)

L’édition 2008 L’édition 2008 marque une légère relance avec sept étapes disputées sur six jours entre la Belgique, la France et les Alpes italiennes. Elle se déroule du 17 au 22 juin de Gant en Belgique jusqu’à Sestrières en Italie.


La Lituanienne Diana Žiliūtė domine particulièrement cette édition avec trois victoires d’étape, tandis que la Suissesse Karin Thürig s’impose lors du contre-la-montre disputé dans le Jura. Malgré un format toujours plus réduit par rapport aux grandes années de l’épreuve, la course conserve une dimension internationale et transfrontalière marquée.

2009 - Bressuire
En 2009, la Grande Boucle féminine internationale atteint son format le plus réduit avec seulement quatre étapes et 66 participantes. Disputée du 18 au 21 juin entre les Deux-Sèvres, le sud-ouest de la France et le Pays basque, l’épreuve est raccourcie après l’annulation du départ et de plusieurs étapes prévues au Royaume-Uni.


La Britannique Emma Pooley remporte le contre-la-montre d’ouverture à Bressuire ainsi qu’une étape entre Hagetmau et Pau, tandis que la Néerlandaise Marianne Vos s’impose lors de la dernière étape entre Irún et Anglet.


Emma Pooley ironise alors en déclarant qu’il s’agissait davantage d’une « Petite Boucle » que d’une « Grande Boucle ». Après cette ultime édition, la Grande Boucle féminine internationale disparaît du calendrier international.

2014 - 2021 : La Course by le Tour

En 2013, une pétition rassemblant plus de 96 000 signatures relance le débat autour de la place du cyclisme féminin au plus haut niveau. Portée notamment par plusieurs coureuses professionnelles, cette mobilisation réclame le retour d’une grande course féminine associée au Tour de France. Le message est alors clair : le public souhaite voir les femmes bénéficier d’une épreuve plus visible et plus ambitieuse.


En réponse à cette mobilisation, Amaury Sport Organisation lance en 2014 La Course by Le Tour de France, une course féminine disputée le même jour que l’arrivée du Tour de France masculin sur les Champs-Élysées. Cette nouvelle épreuve marque un retour symbolique du cyclisme féminin dans l’univers du Tour, mais sous un format très différent des anciennes éditions de la Grande Boucle féminine internationale : il s’agit d’une classique d’un jour et non d’une course par étapes.


La première édition, remportée par la Néerlandaise Marianne Vos sur les Champs-Élysées, réunit plusieurs grandes figures du peloton international. Malgré cette avancée médiatique importante, de nombreuses coureuses et observateurs continuent alors de défendre l’idée d’un véritable Tour de France féminin par étapes.

 Depuis 2022 : Tour de France Femmes avec Zwift


Après plusieurs années de mobilisation en faveur d’une grande course féminine par étapes, Amaury Sport Organisation relance officiellement un Tour de France féminin en 2022 avec la création du Tour de France Femmes. Organisée juste après l’arrivée du Tour masculin, cette nouvelle épreuve marque le retour d’une véritable course par étapes féminine associée à l’univers du Tour de France, plus de dix ans après la disparition de la Grande Boucle féminine internationale.

2022 - Paris

Du 24 au 31 juillet 2022, 144 coureuses s’élancent depuis les Champs-Élysées pour huit étapes à travers l’est de la France, avec une arrivée finale au sommet de la Super Planche des Belles Filles. Malgré un format plus court que celui du Tour masculin, le parcours reste particulièrement exigeant, mêlant étapes vallonnées, reliefs montagneux et forts dénivelés.


L’épreuve est marquée par une forte domination néerlandaise. Marianne Vos remporte deux étapes ainsi que le maillot vert, tandis que Lorena Wiebes s’impose lors de la première étape à Paris.

Dans les Vosges, le duel entre Demi Vollering et Annemiek van Vleuten anime la fin de course. Grâce à deux performances décisives en montagne, Annemiek van Vleuten remporte finalement ce premier Tour de France Femmes moderne.


Les coureuses françaises se distinguent également tout au long de la semaine. Juliette Labous termine au pied du podium après de solides performances en montagne, tandis que Évita Muzic intègre le top 10 du classement général. Cette édition 2022 symbolise ainsi une nouvelle étape dans la reconnaissance et la médiatisation du cyclisme féminin international.

2023 - Clermont-Ferrand

Après le succès du retour du Tour de France Femmes en 2022, l’édition 2023 confirme l’installation durable de l’épreuve dans le calendrier international. Organisée du 23 au 30 juillet, cette deuxième édition moderne propose un parcours plus long et plus exigeant, traversant le Massif central, le sud-ouest de la France et les Pyrénées.


Le peloton féminin dispute huit étapes entre Clermont-Ferrand et Pau, avec une arrivée spectaculaire au sommet du Tourmalet lors de l’avant-dernière journée, avant un contre-la-montre final dans les rues de Pau. Cette édition met en valeur des terrains variés, alternant étapes vallonnées, longues journées de plaine et haute montagne.


Plusieurs coureuses internationales s’illustrent au fil de la semaine. La Belge Lotte Kopecky remporte la première étape et conserve longtemps le maillot jaune, tandis que la Néerlandaise Lorena Wiebes s’impose au sprint à Montignac-Lascaux. La révélation de cette édition reste cependant la performance de Demi Vollering. Déjà parmi les favorites en 2022, la coureuse néerlandaise domine la grande étape pyrénéenne avec une victoire au sommet du Tourmalet avant de remporter le classement général final.


Katarzyna Niewiadoma remporte le maillot de la meilleure grimpeuse, tandis que la Française Cédrine Kerbaol décroche le maillot blanc de meilleure jeune. Avec une couverture médiatique renforcée et des arrivées spectaculaires en montagne, cette édition 2023 confirme la montée en puissance du Tour de France Femmes sur la scène sportive internationale.


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        Photo : ASO

2024 - Rotterdam (Pays-Bas)

Organisée du 12 au 18 août 2024, la course propose un parcours particulièrement montagneux reliant les Pays-Bas aux Alpes françaises, avec une arrivée finale au sommet mythique de l’Alpe d’Huez.


Pour la première fois, le Grand Départ est donné à l’étranger, à Rotterdam, avant un passage par la Belgique puis l’est de la France. Le parcours alterne étapes de sprint, journées vallonnées et grandes ascensions alpines, offrant un terrain favorable aux profils les plus complets du peloton. L’étape finale vers l’Alpe d’Huez devient le moment fort de cette édition, attirant une foule importante le long des lacets emblématiques de la montée.


La course est marquée par le duel entre plusieurs des plus grandes figures du cyclisme féminin mondial. La Polonaise Katarzyna Niewiadoma remporte finalement le classement général après une semaine particulièrement régulière face à la Néerlandaise Demi Vollering. Les sprinteuses et puncheuses brillent également tout au long de l’épreuve, confirmant la diversité sportive du Tour de France Femmes.

2025 - Vannes


Organisé du 26 juillet au 3 août 2025, le Tour de France Femmes propose un parcours de 1 168,6 kilomètres entre la Bretagne et les Alpes, avec une arrivée finale en montagne après neuf étapes. Le départ est donné à Vannes avant une traversée de l’ouest et du centre de la France, puis deux dernières journées alpines décisives vers le Col de la Madeleine et Châtel.


Cette édition est marquée par les performances des coureuses françaises. Maëva Squiban remporte deux étapes consécutives entre Ambert et Chambéry, tandis que Pauline Ferrand-Prévot s’impose dans les deux dernières étapes de montagne et remporte le classement général final sous les couleurs de Visma - Lease a Bike.


Les sprinteuses jouent également un rôle important durant la première semaine. Lorena Wiebes remporte deux étapes et décroche le maillot vert du classement par points, alors que Marianne Vos s’impose dès la première étape à Plumelec.

La Suissesse Elise Chabbey termine meilleure grimpeuse, tandis que la Néerlandaise Nienke Vinke remporte le maillot blanc de meilleure jeune.


Avec une moyenne de plus de 39 km/h sur l’ensemble de l’épreuve, cette édition 2025 confirme le niveau de plus en plus élevé et la densité du peloton féminin international.

2026 - Lausanne (Suisse)